Deux groupes de quatre épées se croisent et se rejoignent en haut et en bas en formant une mandorle qui rappelle celle du Monde, sauf qu'ici, on s'y sent bien enfermé. Pourtant, une certaine ouverture sur le monde est bel et bien présente grâce aux deux fleurs qui agrémentent la partie dirigée vers le ciel, donc vers les aspirations supérieures. En bas, vers la terre, vers l'action, se placent les poignées de deux épées qui se touchent en leur pointe, comme un salut avant le combat : la force acquise jusqu'ici et l'espoir tourné vers le ciel donnent les moyens de vaincre tous les conflits qui s'annoncent.
Quoi de plus commun qu'un pigeon parisien ? Ils sont des centaines, un de plus ou de moins ne changera pas la face du monde. L'un d'eux s'est laissé surprendre par une pluie d'épées, trop faible, trop lent, trop fatigué, il succombe aux coups du sort alors que ses congénères réussissent à prendre leur envoler s'éloigner de la douleur, de la peine et du deuil. Aussi douloureuses soient les épreuves que la vie nous infligent, elles n'empêchent ni l'action ni l'espoir. C'est renoncer à la lutte qui peut être fatal. Mais la mort de ce pigeon a sauvé d'autres vies, un sacrifice n'est jamais inutile, il ouvre une autre voie.
Même saisie avec délicatesse, une aiguille reste possiblement source de douleur, surtout si on l'utilise à de mauvaises fins, la façon dont elles sont plantees dans cette tomate évoque plus le vaudou que la couture ou l'acupuncture. On pourrait même y voir un lien avec une couronne d'épines... Il est encore question ici d'épreuves douloureuses, que l'on soit la tomate, l'aiguille ou la main qui la tient, il va falloir lutter. Contre l'adversité ou contre soi-même, il y a conflit. Une dispute n'est jamais anodine, même celle de ces dix convives qui convoitent la dernière tomate, elle annonce une fin.
Sous les phase d'une lune austère qui se dressent sur une mer sombre, dix épées se rassemblent toutes lames dehors. Elles sont prêtes à en découdre, elles attendent le bon moment, tapies dans l'obscurité, pour passer à l'attaque. Le danger rôde. Habituellement protectrice, la lune indique la fin d'un cycle et par conséquent le début d'un autre, le climax atteint, tout recommence. La nuit est propice à la réflexion, à la mise en veille, les idées se bousculent parfois, l'air (élément des épées) en est plein, l'atmosphère est plutôt lourde et tendue, la prudence est de mise, l'issue de la bataille est incertaine.
Mots clefs : conflit, lutte, épuisement, fin, peine, souci, douleur, fuite, blessure, retraite.